Combien de temps rester dans chaque pays ?
Un mois ici ? Trois jours là ? Voici ma méthode concrète pour choisir combien de temps accorder à chaque étape.

Ma méthode (presque) infaillible après 20 ans de galères, de coups de cœur et de calculs de visa…
C’est probablement la question qu’on me pose le plus souvent depuis que je prépare ce Tour du Monde :
“Combien de temps tu restes en Thaïlande ?”
“Trois semaines pour l’Indonésie, c’est assez ?”
Et la vérité, c’est que j’ai longtemps répondu comme tout le monde : “Ben… ça dépend.” Jusqu’au jour où j’en ai eu marre de regretter certains choix, de survoler des pays énormes ou de traîner là où j’avais vite fait le tour. Alors j’ai structuré une méthode. Un truc simple, intuitif, que j’ai affiné au fil des années : 5 critères pour estimer la bonne durée de séjour. Ni trop long. Ni trop court. Juste le bon tempo.
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Tout a commencé par une frustration…
Je me souviens encore de mes 15 jours en Indonésie. Java, Bali, les Gili, les volcans… sur le papier, c’était parfait. En vrai ? Une course. J’ai passé mon temps dans les transports. J’ai raté des spots incroyables. Et j’ai quitté le pays avec la sensation d’avoir juste effleuré sa surface.
À l’inverse, il y a eu ces 3 semaines en Suisse. C’était beau, hein. Propre, calme, organisé. Mais au bout de 10 jours, j’avais vu ce que je voulais voir, et surtout… j’avais explosé mon budget.
Ces deux expériences m’ont appris une chose : la durée idéale, ce n’est pas un chiffre au hasard. C’est un équilibre. Et pour le trouver, il faut poser les bonnes questions.
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La méthode des 5 critères (et pourquoi elle fonctionne)
Plutôt que de suivre les guides ou les durées « classiques », j’ai créé mon propre système. À chaque pays, j’évalue 5 aspects clés :
le visa, le coût de la vie, la richesse du pays, la fatigue qu’il génère, et la météo.
Et chaque critère est noté sur 5. La somme me donne une fourchette de temps réaliste.
Prenons un exemple très concret : la Thaïlande.
Je sais que le visa gratuit permet 30 jours (et qu’on peut prolonger jusqu’à 60), que la vie n’est pas chère du tout (20€ par jour, easy), que le pays regorge de choses à faire (du Nord sauvage aux îles paradisiaques en passant par Bangkok et les temples), que les infrastructures sont top et que les Thaïs sont adorables. Et si j’y vais en février ou mars, j’ai même la saison parfaite. Résultat ? Score élevé. Je prévois 45 jours. Et je suis sûr de ne pas me tromper.
Maintenant, imagine l’inverse : Singapour. C’est moderne, pratique, sécurisé… mais aussi minuscule, étouffant et ruineux. Même avec un visa de 30 jours, je sais que 3 ou 4 jours suffisent. Et c’est très bien comme ça.
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Ce que j’ai appris sur le terrain
Voyager, ce n’est pas cocher des pays. C’est prendre le temps de ressentir un endroit. Mais pour le ressentir, il faut déjà avoir le bon cadre. Et ça passe par ces questions toutes bêtes :
• Est-ce que je peux y rester légalement (visa) ?
• Est-ce que je peux me le permettre (budget) ?
• Est-ce qu’il y a assez à voir pour m’occuper ?
• Est-ce que je vais y être à l’aise, ou est-ce que ça va m’épuiser ?
• Est-ce que c’est la bonne période pour en profiter ?
Et derrière ces questions, il y a ton profil personnel. Si tu voyages en famille, la fatigue est un vrai critère. Si tu pars seul avec un petit budget, le coût de la vie devient central. Si tu bosses en freelance sur la route, il te faut un bon mix de calme et de connexion.
Moi, par exemple, j’ai un rythme plutôt lent. J’aime me poser, cuisiner, comprendre les lieux. Donc j’accorde beaucoup d’importance à la densité des choses à faire, au coût, et à la fatigue. Un pays bon marché, riche culturellement, avec une ambiance détendue ? Je peux y rester 2 mois sans problème.
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Mes erreurs les plus utiles
Je pourrais te faire une longue liste de mes ratés, mais voici les plus parlants :
👉 L’Inde, où j’avais prévu 30 jours. Sur le papier, c’était parfait. En réalité, il m’en a fallu 10 pour juste… respirer. Ce pays est fascinant, mais il t’aspire, te bouscule, t’épuise. La prochaine fois, je prévois 45 jours minimum. Dont 5 de repos au milieu.
👉 L’Indonésie, 15 jours pour un archipel de 17 000 îles. Oui, j’étais naïf. J’ai enchaîné Java, Bali, Lombok à vitesse grand V. J’ai découvert des lieux magnifiques… mais sans pouvoir en profiter.
👉 Et puis la Suisse. J’adore les montagnes, le chocolat et l’ordre helvétique. Mais avec 100€ par jour minimum, trois semaines, c’est un luxe. Résultat : j’ai dû écourter en plein milieu du voyage.
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Comment j’ajuste tout ça aujourd’hui
J’ai gardé ma base de calcul. Mais j’y ajoute quelques ajustements très simples :
• Je donne plus de poids à certains critères selon le contexte. Si je suis fatigué, je valorise le critère “repos”. Si j’ai un budget serré, je mets le coût en priorité.
• Je regarde la logique d’ensemble. Un pays cher, s’il est entre deux pays bon marché, ça s’équilibre. Un pays difficile, suivi d’un pays facile, ça permet de souffler.
• Et surtout, je garde de la flexibilité. Je prévois une durée, mais je sais que je peux l’ajuster. Allonger si je me sens bien. Partir plus vite si je tourne en rond.
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Ma philosophie : ni chrono, ni checklist
Tu sais quoi ? Il n’y a pas de durée parfaite. Il n’y a que ta durée. Celle qui correspond à tes envies, ton énergie, ton budget, ton moment de vie.
Tu peux très bien passer 10 jours intenses dans un pays… ou y rester deux mois pour t’y fondre. Ce qui compte, c’est ce que tu vis entre ton arrivée et ton départ. Pas le nombre exact de nuits sur Booking.
Alors prends le temps de réfléchir à ton rythme. De choisir les bons pays, aux bons moments, pour les bonnes raisons. Et surtout : écoute-toi. Parce que les meilleures décisions, ce ne sont pas celles que les autres comprennent. Ce sont celles qui te font dire, au moment de repartir : “C’était exactement ce qu’il me fallait.”